6/02/2014

Brésil : Sorry Seleção !

eventopompeia2014didatico

Le 12 juin, contre la Croatie, l’équipe de foot du Brésil ouvrira à São Paulo une Coupe du monde à 10 milliards d’euros marquée par de nombreuses polémiques. L’un des tournois sportifs les plus suivis du monde est en train de se faire dans la douleur, au rythme de controverses successives et surtout dans le contexte d’un réveil politique de la jeunesse brésilienne contre les conséquences des mégas évènements prévus au Brésil (Coupe et J.O.)

Un réveil inattendu
En juin 2013, des millions de brésiliens sont descendus dans la rue à l’appel du mouvement “Passe livre” (liberté de circulation) contre l’augmentation de 20 centavos du prix du bus et pour les transports gratuits. Ce réveil spontané a surpris les puissants mouvements sociaux brésiliens qui perdaient de plus en plus d’influence du fait de l'illusion de croissance économique redistributive que partageaient jusque-là les brésiliens .

Il y a quelques mois, les professeurs de l’État de Rio ont mené une lutte très dure et victorieuse malgré une répression très violente. Autre énorme surprise au Brésil, la Coupe des confédérations a été fortement perturbée par les manifestants, le pays du foot serait-il en train de basculer ? A l’approche de la coupe du monde les observateurs s’affolent : selon un sondage publié début avril, seulement 48 % des Brésiliens seraient favorables à la tenue du Mondial dans leur pays, contre près de 80 % en 2008, lorsque le Brésil venait d’être désigné par la FIFA.

Au cœur du problème réside le sentiment que le gouvernement brésilien a privilégié la construction de stades et la rénovation d’aéroports au détriment des programmes sociaux (éducation, santé, transports, etc) . À elle seule, la facture des stades s’élèverait à huit milliards de réaux brésiliens (près de 2.6 milliards d’euros), soit des dépenses quatre fois supérieures à ce qu’on avait estimé en 2007. « Nous souhaiterions voir les mêmes investissements dans les hôpitaux, les écoles ou le logement que dans les stades », explique dans O Globo un membre du mouvement Não Vai Ter Copa (il n’y aura pas de Coupe), installé à Rio de Janeiro, qui critique les méthodes du gouvernement fédéral et de la FIFA.

Autour de la “Copa”, de graves bouleversements
Renato Cinco, conseiller municipal d'opposition, membre du parti du Socialisme et des Libertés à Rio a déclaré dans le journal O Globo : "La coupe du monde et les jeux olympiques ont été utilisés pour favoriser les entreprises qui travaillent dans la construction des stades (...) Il s'agit d'argent public, de l'argent du peuple brésilien qui est dépensé pour un évènement qui va seulement profiter à certains groupes d'entrepreneurs". Le déplacement de familles pauvres a été extrêmement durement vécu par la population, 170.000 personnes sont concernées, certaines familles ont été déplacées à plus de 50 kms de leur travail. Des incendies suspects dans les favelas ont eu lieu exactement à l’endroit où des projets de “super hôtel” étaient prévus. Aussi, le processus de “pacification” des favelas est devenu à certains endroits un processus d’extermination pure et simple des dealers avec son lot de bavure et notamment la mort du danseur et DJ de la favela Pavao-Pavaozinho, Douglas Rafael da Silva, meurtre policier qui a embrasé la favela en avril dernier. A ceci s’ajoute le prix de l’immobilier qui explose ! La situation est plus que tendue.

Les accidents mortels sur les chantiers de construction ont alimenté l’indignation populaire. Le 8 mai 2014, le Brésil a enregistré sa huitième victime sur les chantiers du Mondial, lorsqu’un technicien de 32 ans est mort électrocuté alors qu’il travaillait à l’installation d’un réseau de télécommunications à l’aréna Pantanal, à Cuiabá, capitale de l’État du Mato Grosso. L’aréna Corinthians, à São Paulo, a été le théâtre de deux accidents majeurs, qui ont coûté la vie à trois ouvriers.

D’innombrables mobilisations naissantes et à venir
À quatre kilomètres de l’aréna Corinthians, où s’ouvrira la compétition, le Mouvement des sans-terre (MST) avec le mouvement des sans toit viennent d’installer un camp regroupant plus de 2 500 familles sur un terrain abandonné. Surnommé «la Coupe du monde du peuple», le campement a pour objectif de «démontrer que les investissements de la Coupe du monde ne répondent pas aux demandes de ceux qui sont le plus dans le besoin». À quelques semaines du Mondial, le ton est donné.

A l’approche du jour de l’ouverture les mobilisations populaires explosent. Les grèves éclatent comme le pop-corn que va ingurgiter la planète entière. La semaine dernière plusieurs manifestations se sont croisées, celles des conducteurs de bus, des profs de l’université, des conducteurs de métro en même temps qu’une nouvelle marche contre le Mondial.

Je sens que nous sommes dans un moment crucial pour porter notre plateforme de revendication dans tous les espaces possibles. Quand va commencer la Coupe, les négociations risquent de stopper” explique Jussara Basso, coordinatrice du mouvement des sans toit.

Elle poursuit : “il n’est pas sûr que nous vivions une répétition du formidable mouvement de mobilisation de juin 2013 mais les brésiliens ont acquis un niveau de conscience supérieur et les luttes pour les droits fondamentaux fleurissent partout alors que nous n’y croyions plus

Tout porte à croire que les protestations vont continuer car beaucoup de travailleurs n’ont plus peur. La liste est innombrable des secteurs en lutte et le paysage politique va considérablement changer au Brésil à quelques mois des futures élections présidentielles.

Enjeux
Un représentant des indignés grecs au Forum Social Thématique de Porto Alegre 2012 disait : «Attention à vous, le coup d’envoi de la crise économique grecque a bel et bien été l’endettement pour financement des J.O d’Athènes en 2004» Les brésiliens ont aujourd’hui bien conscience des problématiques à venir : Que vont devenir les milliers d’ouvriers du bâtiment après la Copa et les J.O. ? Quelle sera l’ampleur de la dette ? Que va-t-on faire ensuite des stades et méga installations et hôtels ? Quelles seront les priorités de l’État Brésilien ?

Après le réveil de type « indignados » de 2013, la mutation en mouvements sociaux plus « classique » a été rapide et peut peser durablement sur le rapport de force. Les mouvements sociaux ont su « recoller » au mouvement indigné et proposer des formes d’actions efficaces notamment contre la répression.

Enfin, le niveau de conscience s’étant considérablement élever au Brésil avec un fort niveau d’analyse des discours officiels, notamment, concernant les chiffrages des projets, les mouvements sociaux pensent que le vote de la Présidentielle (obligatoire au Brésil) se fera avec plus de discernement que précédemment.

Pour finir en chanson, voici le refrain du dernier tube brésilien : Je jure que je ne vais pas vous supporter, Sorry Seleção ! Je suis brésilienne, je veux un nouveau Brésil… Sorry Seleção !


Julien Terrié - Syndicaliste. Auteur du documentaire "Comuna" sur une occupation urbaine liée aux expulsions dues aux grands travaux a Fortaleza. http://vimeo.com/m/21040885

1/05/2014

Michèle Bachelet fera-t-elle tomber le système éducatif Pinochetiste ?

Michèle Bachelet vient d'être élue présidente du Chili avec 63 % des voix pour la « Nouvelle Majorité ». La pression du mouvement pour l'éducation gratuite au Chili - enclenché en 2006 et devenu gigantesque en 2011- a été constante pendant la campagne. Michèle Bachelet, sous cette contrainte, a du faire des promesses sur une réforme de l‘éducation : « que nous voulons mener à bien et qui va répondre clairement aux désirs et aux rêves que les étudiants ont eu toutes ces années” (discours du 17/12/13). Michèle Bachelet est-elle en capacité de mener une réforme de l'éducation conforme aux attentes de toute la société chilienne ? Tout porte à croire que non... Sauf sous pression d'un nouveau mouvement social.


L'éducation au Chili.
Très rapidement après le coup d'Etat contre Salvador Allende du 11 septembre 1973, une entreprise de casse du système éducatif égalitaire mis en place par l'Unité Populaire est opéré, inspiré par les apprentis sorciers ultra libéraux de l'Ecole de Chicago. La LOCE (Ley Orgánica Constitucional de Enseñanza) et l'aboutissement de cette casse en mars 1990 (après le retour à la « démocratie négociée »  entre la Concertation1 et les tortionnaires du régime). Cette loi modifie en profondeur le système éducatif dans ses structures et son financement : réforme constitutionnelle pour inscrire l'éducation à la charge des parents et non plus de l'Etat ; décentralisation avec le transfert des responsabilités et des moyens aux municipalités , mise en place de trois types d’écoles : l’école publique dite école municipale, l’école privée subventionnée et l’école privée; perte du statut de fonctionnaire pour les enseignants.

Parallèlement, un système universel de bons d’études est mis en place afin de permettre à tous les élèves de s’inscrire dans une école privée ou publique (toutes payantes !!!) ; une allocation mensuelle proportionnelle au nombre d’inscriptions est accordée à ces écoles. Entre 1981 et 1996, le taux des inscriptions dans le secteur privé passe de 15 % à 33 % de la population scolaire totale. En 2008, seulement 17 % des coûts de l'éducation supérieure étaient supportés par l'Etat, 83 % par les familles. La possibilité de s’inscrire dans ces écoles tient uniquement à la capacité des familles à s'endetter. Ce système a généré d'énormes tensions car il est la seconde plus importante source de profits au Chili après l'exploitation du Cuivre.  En 2006, la révolution des « Pinguouins » (à cause des uniformes des lycéens) a déstabilisé le premier mandat de Michèle Bachelet. Sa seule réponse a été de faciliter le recours au crédit qui a connu une augmentation de 28 % pour les familles depuis lors, et ce ,au profit des puissantes banques chiliennes.

En 2011, sous la présidence de Sebastian Pinera, le Mouvement étudiant poussé par le mouvement lycéen a fait connaître au Chili ses premières manifestations géantes depuis 1973. Fort de 89 % d'opinion favorable, il a profondément remis en cause la notion de « profit » dans l'éducation et dans la société entière en allant jusqu'à revendiquer la nationalisation du cuivre et une nouvelle constitution pour permettre de financer l'Education Gratuite. Ce sont des mesures fondamentales que Michèle Bachelet version 2013 n'est en rien prête à appliquer, ce qui remet fortement en cause les belles promesses de campagne.

Quelques signes positifs...
L'élection présidentielle de 2013 a vu pour la première fois depuis 1973 deux anti-libéraux conséquents comme candidats : Roxana Miranda et Marcel Claude totalisant seulement un peu plus de 3 % des voix mais ayant pu défendre un programme de rupture avec l'héritage pinochetiste (Constitution, privatisations, extractivisme minier, impôts faibles) mais le grand vainqueur est l'abstention (52%) qui marque la poursuite de la crise de légitimité du modèle dans son ensemble.
Des représentants du mouvement étudiant ont été élus au Parlement, « Le Parti Communiste a doublé son nombre de sièges au Parlement, passé de trois à six, et prétend y avoir fait entrer les mouvements sociaux, puisque les ex-dirigeantes étudiantes Camila Vallejo et Karol Cariola [toutes deux membres du Parti Communiste Chilien ont été élues députés », explique Franck Gaudichaud, universitaire. Les ex-dirigeants étudiants Giorgio Jackson (Révolution Démocratique) et Gabriel Boric (Gauche Autonome) ont également été élus au Parlement. La victoire de Gabriel Boric est incroyable: « c’est le seul des ex-leaders étudiants qui a concouru à l’élection en dehors de la Nouvelle Majorité », précise Felipe Portales - Sociologue. « Il a gagné la députation sans l’appui d’aucune des coalitions, et a réussi à rompre le système binominal [instauré par Pinochet, ce système assure le monopole des sièges aux deux blocs majoritaires], ce qui n’était encore jamais arrivé », souligne Franck Gaudichaud.

La Nouvelle Majorité, avec les voix de Gabriel Boric et de Giorgio Jackson, « disposera des majorités qualifiées au Parlement pour réformer les lois organiques constitutionnelles ». Ils pourront donc modifier le système électoral binominal, fondamentalement antidémocratique, mais aussi le « Plan Laboral » en vigueur depuis 1979, qui prive les travailleurs d’un authentique droit de grève et restreint l’action syndicale, les fonds de pensions privés (AFP) fondés en 1980, et le système d’assurance de santé privé (ISAPRE) créé en 1981. « S’ils ne le font pas, c’est qu’ils ne veulent pas réformer, conclut-il. En revanche ils n’auront pas la majorité qualifiée des deux-tiers pour lancer la réforme constitutionnelle ». Par ailleurs « Bachelet a répété qu’elle ne souhaitait pas établir une nouvelle Constitution, si ce n’est à travers les canaux institutionnels – ce qui signifie qu’elle rejette l’option de l’Assemblée Constituante », constate Felipe Portales. « Les mouvements sociaux de 2011 ont imposé un agenda électoral à la Nouvelle Majorité. Si le programme de Bachelet prévoit, entre autres, une réforme de l’éducation, et sa gratuité progressive au bout de six ans dans les établissements qui reçoivent des subventions d’Etat, c’est grâce à eux », estime Franck Gaudichaud.
Les députés « étudiants » du Parti Communiste ont un accord politique avec la Nouvelle Majorité qui peut limiter fortement leurs marges de manœuvre au Parlement mais le mouvement étudiant est bien décidé à « pourrir la vie » de Michèle Bachelet au pouvoir, comme l'a exprimé Eloisa Gonzalez, porte parole lycéenne, au moment de l'occupation du siège de campagne de Michèle Bachelet entre les deux tours de la Présidentielle.

Quel avenir pour le Chili ?
L’abstention sans précédent, l'explosion des mouvements sociaux, des mouvements écologistes face aux grands barrages et aux entreprises minières, la continuité du fort mouvement Mapuche (Indigènes du Sud du pays contre lequel Michèle Bachelet avait utilisé la législation anti-terroriste) montre que nul chèque en blanc est donné à Michèle Bachelet pour son second mandat. La question est : Le mouvement social au Chili sera-t-il suffisamment fort pour remettre en cause l'intégralité de l'héritage de la dictature de Pinochet et des Chicago boys ? Michèle Bachelet ne va pas remettre en cause d'elle même les intérêts de ses alliés de la Concertation dont beaucoup de dirigeants sont dans le business de l’éducation, des mines, des banques, des fonds de pensions et de la santé.

Il semblerait que le plus fort des mobilisations vont tourner autour de l'assemblée constituante qui est une revendication historique. Sergio Grez, historien, souligne que chacune des constitutions écrites au Chili a exclu la majorité des citoyens: «La science politique pourrait difficilement considérer comme démocratique un pays dans lequel il n’y a jamais eu un débat national concernant les normes essentielles qui doivent régir sa vie collective. Il s’agit d’un pays semi-démocratique, avec une citoyenneté restreinte. » Gustavo Ruz, juriste et membre du Mouvement pour l’Assemblée constituante, formule des critiques à l’égard des dirigeants traditionnels. A son avis, ce sont eux qui entravent la concrétisation d’une Constituante. Il espère que les parlementaires récemment élus tiendront parole et soutiendront cette voie de changement. Les forces qui mènent la campagne «Marca tu voto AC» [écrire sur le bulletin de vote « Assemblée Constituante »] restent attentives au débat constitutionnel et joueront certainement un rôle dans les mobilisations à venir.

40 ans après le coup d’état militaire contre Salvador Allende, il faudra être très attentif à la suite des mobilisations chiliennes sur fond de crise de légitimité du modèle néolibéral installé pendant la dictature militaire, modèle qui a été le laboratoire du système libéral planétaire en crise aujourd’hui. Ces mobilisations ouvrent la brèche à une transformation sociale profonde au Chili, et peut être ailleurs.


Julien Terrié - Syndicaliste.
Auteur du documentaire : « Fissure du modèle chilien » sur les mobilisation pour l'éducation gratuite au Chili : contact@faltoulouse.fr








1Alliance entre le Parti Socialiste et la Démocratie Chrétienne qui a gouverné de 1990 à 2010 en garantissant l'impunité pour les tortionnaires et en maintenant le modèle issu de la dictature

9/17/2013

FISURA (du "modèle" chilien)



PRE-COMMANDEZ le DVD ou le téléchargement HD

Après avoir rencontré un groupe de chilien au Brésil à l'université des paysan sans terre de São Paulo, j'ai eu l'idée de parler des mouvements sociaux actuels au Chili.

Ce documentaire va permettre aussi de participer au financement d'un projet de mon association France Amérique Latine pour la rénovation de la crèche de l'université des paysans sans terre (détails plus loin)

8/02/2013

Comuna da Terra L’expérience de la “Commune du 17 avril” à Fortaleza - Brésil

Flora B et Julien Terrié - réalisateurs de “Comuna”[1]

« [...] la question « quelle ville voulons-nous ? » est indissociable d’une multitude d’autres questions : quel genre de personnes voulons-nous être ? Quelles relations sociales poursuivons-nous ? Quels rapports à la nature défendons-nous ? Quelle vie quotidienne désirons-nous ? Quelles technologies jugeons-nous appropriées ? Quelles valeurs esthétiques défendons-nous ? Le droit à la ville ne se réduit donc pas à un droit d’accès individuel aux ressources incarnées par la ville : c’est un droit à nous changer nous-mêmes en changeant la ville de façon à la rendre plus conforme à notre désir le plus cher.» (Harvey 2009)

I -  La Commune de Fortaleza : un acampamento urbain
Un acampamento est l’occupation d’une terre qui n’assume pas sa fonction sociale[2], destiné à attirer l’attention des pouvoirs publics sur la situation en attendant d’obtenir l’expropriation[3] de celle-ci. Reconnaissables par des maisons de fortunes construites à partir de bois et de bâches noires, les acampamentos peuvent être maintenus plusieurs années lorsque aucune réponse n’est donnée par les institutions étatiques ou fédérales. En revanche, une fois le terrain attribué aux Sans Terre par la voie légale, il devient un assentamento

3/08/2013

CHU de Toulouse : La direction plébiscite le Lean manufacturing

|  Par oziel1996

Nous avons été choqués comme beaucoup d’agents du CHU de Toulouse de lire sur intranet l’intitulé de la conférence prévue à l’Hôtel Dieu le 28 mars prochain : « du lean manufacturing au lean hospital, comment déployer les pratiques industrielles à l’hôpital pour le bien-être de tous » (sic !). Depuis longtemps nous condamnons les pratiques de dégraissage de l’hôpital qui nous ont mené à une situation d’intensification dangereuse du travail hospitalier. Au moins là, les masques tombent : Les pratiques de « Lean » inventées par Toyota sont le summum de l’intensification avec en prime la recherche de servitude volontaire par une soit disant « autonomie » accompagnée d’un discours affirmé sans scrupule « d’améliorer les conditions de travail ». Une forme de piège se ferme sur les agents qui se laissent convaincre : ils ont une autonomie mais dans un cadre tellement contraint qu’ils rognent eux même sur la sécurité, leurs repos, la qualité et le prendre soin dans le cas de l’hôpital pour tenir les cadences. Pour beaucoup d’universitaires, comme par exemple Vincent de Gaulejac sociologue clinique, ce principe de gestion est à l’origine de pathologies psychiques et physique au travail.

12/21/2012

Le CHSCT a 30 ans...


Le CHSCT a 30 ans. La loi n° 82-1097 relative aux comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail dites lois «Auroux»  a été promulguée le 23 décembre 1982. 30 ans après la volonté inachevée de "permettre aux travailleurs d'améliorer eux mêmes leurs conditions de travail" dans les entreprises de plus de 10 salariés, la prévention de la santé en France et l’instance CHSCT est encore trop peu respectée et donc pas assez efficace au regard des énormes enjeux.

Cette année, les accidents de travail et maladies professionnelles ont encore augmenté de 1,1% et ont entrainé officiellement 46,9 million s de journées d'arrêt de travail (2 jours par actifs), c'est à dire selon les estimations du BIT, une perte de 50 milliards d'euros (2,5% du PIB) - le BIT estime qu'en France une journée d'arrêt de travail coûte en moyenne 1000 euros à l'employeur. Le coût humain est incalculable mais pèse lourdement sur des millions de foyers, sur le bien être moral et les gestes du quotidien. Cette année encore 37% des handicaps reconnus sont d'origine professionnelle. Nous savons aussi que les accidents de travail et maladies professionnelles sont sous déclarées, qu'une bataille est menée contre les déclarants d'accidents de travail aussi bien dans le privé que dans le public.

6/13/2012

De retour du III° séminaire du Frente brésilien contre la privatisation de la Santé

Par Julien Terrié


« On insiste sur le coût humain des révolutions. Quand prendra-t-on en compte celui des « non-révolutions », le prix silencieux et quotidien de la résignation et de la capitulation. »
Daniel Bensaïd

« En tant que lutteurs pour la Santé Publique nous sommes obligés de croire qu’aucun changement n’est impossible »
Maria Valéria Correia – coordonnatrice du Frente


Cliquez sur cette photo pour voir les photos du séminaire.
Quelques réflexions au retour du Brésil où j’étais invité en tant que membre du « Réseau Européen pour le Droit à la Santé »[1] pour intervenir au III° séminaire du Frente Nacional contra a privatizaçao da saude (santé). Ce front unitaire fondé en 2010 coordonne les forums de santé créés dans plusieurs états brésiliens. C’est l’équivalent de notre coordination des comités de défense des hôpitaux avec le même type d’alliance : partis, syndicats, associations et le même fonctionnement sous forme de coordination. Les stratégies payantes en France, le sont aussi au Brésil…

Le séminaire se tenait du 7 au 10 juin à Maceió capitale de l’état d’Alagoas terre de Zumbi dos Palmares, le leader des esclaves rebelles réfugiés dans les Quilombos au XVII° siècle. L’Université Fédérale d’Alagoas qui accueillait l’événement était en grève dans le cadre de l’immense mouvement de grève national des universités en cours en ce moment au Brésil contre la mercantilisation de l’éducation et l’augmentation des salaires. Un cadre idéal qui a permis à plus de 300 personnes de participer aux assemblées plénières et groupes de travail, 15 Forums de santé sur les 17  existants au Brésil étaient représentés. Deux nouveaux forums de santé ont été créés depuis le II° séminaire. Le séminaire s’est déroulé dans une ambiance très dynamique et constructive avec une forte unité et volonté de mobilisations sur le thème de la santé entre les différents courants de la gauche non gouvernementale brésilienne.

Crise sanitária atinge pessoas em todo o mundo

Entrevista de Julien Terrié et Françoise Nay por Raquel Júnia - Escola Politécnica de Saúde Joaquim Venâncio (EPSJV/Fiocruz)
Participantes do Fórum Social Temático denunciam que, em nome da crise econômica, os governos desmantelam sistemas de seguridade social.
 
Ao lado das crises econômica, política, ecológica e climática, cresce também uma crise sanitária, que agrava a qualidade de vida e a saúde de milhares de pessoas.  Esta é a conclusão do Grupo de Trabalho Saúde (GT Saúde), que se reuniu durante o Fórum Social Temático Crise capitalista, justiça social e ambiental, realizado no final de janeiro, em Porto Alegre (RS).  "O conceito de crise sanitária surgiu por meio de uma análise da situação mundial, das conseqüências da crise ecológica e da desigualdade social, que é aprofundada com a crise. A maioria da população tem um nível de vida que está baixando em todos os sentidos, como a distribuição e tratamento da água ou a falta de trabalho que resulta em uma perda de dignidade. Isso causa muito mais doenças e problemas sanitários, que ainda são agravados pelas catástrofes climáticas. E não há resposta para esses problemas, porque há outro fenômeno em curso, a crise financeira causada pela dívida pública que é muito forte na Europa", afirma o facilitador do GT Saúde, Julien Terrie, membro das Conferências Européias de Defesa da Saúde Pública e Proteção Social. "Diante dessa situação de crise, os governos não querem mais dar recursos públicos para a saúde e a proteção social e, pior ainda, estão quebrando os sistemas de hospitais públicos e de proteção social para recuperar dinheiro para dar aos bancos e ao sistema financeiro. Se as pessoas não pagam pelos serviços, elas não recebem proteção, e isso não é possível para muitas pessoas", completa.

6/04/2012

Expo photo 1



Faux voyeur

Les halles - Paris - 2009

5/01/2012

Un syndicaliste en colère : aucune leçon à recevoir de Sarkozy

Depuis quelques semaines, le président sortant et Marine Le Pen enchaînent les attaques contre « les syndicats ». Les propos qui sont tenus sont insupportables et jettent l’opprobre sur des milliers de militants engagés sur leur temps de délégation, et très souvent sur leur temps personnel, dans le seul but de défendre les intérêts des salariés et de les organiser contre les patrons et les organisations patronales face aux projets de casse sociale. Les arguments qui sont dans l’air sont populistes, poujadiste et surtout… faux, c’est l’objet de cette note.

Non représentativité ?

Le syndicalisme français n’est pas un syndicalisme d’adhésion, donc il est vrai que seulement 8% des salariés français sont syndiqués. Pourtant, un sondage récent montre que 6 français sur 10 font confiance aux syndicats (sondage Ifop pour Sud-Ouest Dimanche). Nous sommes souvent comparés à l’Allemagne où 82% des salariés sont syndiqués ; il faut juste savoir que les victoires syndicales en Allemagne (conventions, accord d’entreprise, …) ne s’appliquent qu’aux syndiqués !!! Donc évidemment, seuls les masos ne sont pas syndiqués.